Fiche de lecture n° 2 : La maison biscornue – Agatha Christie

La maison biscornue,  Agatha Christie

Un de mes auteurs préférés durant mon adolescence fut Agatha Christie. A l’époque, j’étais abonnée à une petite bibliothèque privée, « La bibliothèque Saint-Paul » de Fort de France (Martinique) et je peux dire que j’ai lu tous les romans d’Agatha Christie qui s’y trouvaient. Mes sœurs et moi les lisions et adorions en discuter. Celle qui avait terminé le livre en premier interrogeait les autres afin de savoir si elles avaient une idée du coupable. Bien souvent, on était toujours à côté de la plaque.

Une de mes résolutions pour l’année 2018 est de tous les relire. Enfin, disons que j’essaierai d’en re- lire un maximum.

Je vous présente donc aujourd’hui : « La maison biscornue ». Titre original : « Crooked house ».

Résumé :

A la fin de la seconde Guerre mondiale, de retour en Angleterre, le narrateur Charles Hayward espère épouser Sophia Leonidès une jeune anglaise rencontrée au Caire. Mais en lisant le Times, il apprend que le grand-père paternel de Sophia, Aristide Leonidès, est décédé. C’était un homme d’affaires brillant d’origine grecque âgé de 85 ans et multimillionnaire. Sophia lui demande de repousser la date du mariage car elle préfère que les causes de la mort subite de son aïeul soient élucidées. En effet, l’autopsie a révélé qu’il a été empoisonné avec du collyre à l’ésérine mélangée à sa piqûre d’insuline.

La seconde et très jeune épouse du grand-père, Brenda et son supposé amant Lawrence sont soupçonnés. Lawrence est le précepteur de Eustace et Joséphine, frère et sœur de Sophia.

Aristide Leonidès vivait entouré de sa famille dans une villa nommée « Three Gables ». Ses proportions étaient « si exagérées qu’on avait l’impression de la voir sous le grossissement d’une loupe énorme ». Charles Hayward compris alors pourquoi Sophia l’avait qualifiée de « biscornue ».

Tous les membres de la famille espèrent que Brenda et Lawrence Brown seront rapidement arrêtés et écroués. Mais Scotland Yard juge les preuves contre eux insuffisantes.

Le père de Charles qui est commissaire de police à Scotland Yard, lui demande d’espionner toute la maisonnée en allant à la villa du fait de sa proximité avec Sophia.

Il s’aperçoit qu’à part Joséphine, la petite sœur de 11 ans de Sophia, tout le monde pense que c’est le couple, Brenda et Lawrence, qui a commis le meurtre. Joséphine lui confie qu’elle note tout ce qu’elle sait dans un cahier. C’est une enfant d’une « laideur extraordinaire, elle ressemblait de façon étonnante à son grand-père. Il paraissait également très possible qu’elle eût hérité son intelligence ». Elle fournit de nombreux renseignements à Charles car elle fouine partout et écoute aux portes.

La gouvernante de la maison est retrouvée morte. Puis, Joséphine est victime d’une tentative de meurtre : un lion en marbre placé sur le haut d’une porte a failli l’écraser. La police et Scotland Yard craignent pour la vie de l’enfant. Charles est chargé de la protéger.

Coup de théâtre : Tante Edith, la sœur de la mère défunte de Sophia, est partie se promener avec Joséphine et elles tardent revenir. On apprend par la police qu’elles ont été victimes d’un accident et mortes sur le coup. Charles retrouve 2 lettres de tante Edith. Dans l’une elle s’accuse des 2 meurtres : celui du grand-père et celui de la gouvernante. Dans l’autre adressée uniquement à Charles Hayward et Sophia Leonidès : elle leur apprend qu’elle avait découvert que c’était Joséphine qui était l’auteur des 2 meurtres, en lisant son journal. Se sachant condamnée par la maladie, elle avait préféré se tuer avec l’enfant qui souffrirait le calvaire lorsqu’elle devrait rendre compte de ses actes. Charles et Sophia retrouvent le journal de l’enfant et lisent effectivement qu’elle revendique avec un sang froid incroyable qu’elle a tué son grand-père car il ne voulait pas qu’elle devienne ballerine, et la gouvernante car cette dernière avait conseillé à sa mère de l’envoyer dans un pensionnat en Suisse. ils comprennent alors que c’était elle-même qui avait orchestré sa tentative de meurtre avec le lion en marbre. Voici la dernière phrase du journal de Joséphine :  » Quand je mourrai, très vieille, je m’arrangerai pour faire parvenir ce carnet au chef de la police. On se rendra compte alors, que j’étais un génie du crime « .

Mon avis :

J’ai adoré ce roman que j’ai lu en 2 jours. Comme je l’ai dit plus haut, c’est un livre que j’avais lu durant mon adolescence. Je ne me souvenais pas très bien de l’histoire, mais je savais que c’était, Joséphine, la petite sœur de Sophia Leonidès qui avait commis les meurtres. Cette révélation m’avait choquée car elle a 11 ans et moi à l’époque j’en avais 12. Elle tue pour des motifs futiles et puériles. On ne peut s’empêcher de penser au proverbe : « Qui vole un bœuf, vole un œuf » !  Si une enfant tue à 11 ans pour des motifs aussi banals, que pourrait-elle faire à l’âge adulte si un obstacle se présentait dans sa vie ? C’est d’ailleurs ainsi qu’a raisonner sa tante qui a préféré se tuer avec elle.

Mais je pense qu’il n’est pas inutile de se demander comment une enfant de cet âge peut-elle arriver à de tels extrêmes ?

Joséphine est une petite fille très laide. Elle est aussi très intelligente. On peut penser que cette laideur dont elle a sans doute conscience la complexe. Elle choisit donc de faire fonctionner son cerveau à 200% pour pallier ce défaut physique. Mais malheureusement, elle utilise ce don pour faire le mal. C’est sans doute parce qu’elle souffre. Il y a aussi l’ambiance familiale. Elle a des parents assez distants qui vivent chacun dans leur monde. Elle n’a dons pas l’amour et l’affection démonstrative de ses parents dont a besoin un enfant de cet âge. Même sa sœur Sophia et son frère Eustace ne font guère attention à elle. D’ailleurs, lorsque la famille apprend que le grand-père a finalement laisser la totalité de sa fortune à Sophia, Eustace se plaint d’être un laisser pour compte au détriment de Sophia. Pourquoi donc faire des enfants si on est pas capables de s’en occuper ? Parfois c’est la société qui nous dicte notre façon de vivre. En effet, à l’époque où se situe l’histoire, on est dans les années 1940 -1950. Il était normal d’être marié et d’avoir des enfants !

« La maison biscornue » reprend un thème récurrent dans l’œuvre d’Agatha Christie : les comptines. En effet, le titre du roman fait référence à une berceuse anglaise : « There was a crooked man ». D’ailleurs Charles Hayward se remémore cette comptine lorsque Sophia lui confie au début du livre que la maison de son grand-père est biscornue. Par exemple dans le roman d’Agatha Christie : « Dix petits nègres« , c’est aussi une comptine du éponyme qui a inspiré Agatha Christie.

Je conseille ce livre à toutes les personnes qui aiment les romans policiers et l’univers d’Agatha Christie en particulier. Mais c’est un roman qui peut aussi intéresser tous ceux qui ont envie de lire un livre pas trop long pour passer un bon moment.

Agatha Christie a révélé que « La Maison biscornue » était l’une de ses œuvres préférées. Hé bien moi je suis de son avis !

Citation :

P.27 « On se fait une idée des gens et, par la suite, on découvre qu’ils ne sont pas du tout comme on les imaginait »

Informations :

La maison biscornue,   Agatha Christie,  collection livre de poche, 5.60 € sur Amazon.fr

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